25 août 2007
Un été chez Voltaire - Jacques-Pierre Amette
Jacques-Pierre Amette, prix Goncourt en 2003 pour La Maîtresse de Brecht, a publié, chez Albin Michel, Un été chez Voltaire, livre qui raconte le séjour estival de deux actrices italiennes à Ferney, dans la demeure du philosophe.
Il existe une pièce de théâtre de Voltaire fort méconnue, Le fanatisme ou Mahomet le prophète , dans
laquelle il tente de convaincre que Mahomet est un imposteur et que toutes ses paroles n'étaient que des mensonges. Amette, qui a trouvé en cette pièce un sujet d'actualité, a donc recréé l'ambiance festive de l'ermitage de Ferney en 1761, dans des soirées chaudes et théâtrales.
Voltaire désire reprendre sa pièce Le fanatisme ou Mahomet le prophète et invite deux actrices italiennes, une napolitaine et une romaine, pour jouer dans sa pièce dramatique aux vers proches de ceux de Corneille. Alors que Rousseau condamne le métier d'acteur de l'autre côté de la frontière suisse, non loin de Ferney, à Genève, on est en pleins préparatifs à Ferney, sous l'oeil exigeant de Voltaire. La venue de l'émissaire du roi de Prusse, Monsieur de Fleckenstein, pour raison diplomatique, trouble les deux jeunes femmes qui s'éprennent de lui, l'attirant dans le silence des bois ombragés.
Se jalousant, convoitant le coeur du compte, Zanetta et Gabriella, au rythme de leurs répétitions dans le théâtre de verdure que Goussier, peintre cynique, agrémente de ses peintures, savourent l'été et leurs émois. Autour des bassins, partout dans l'immense propriété, on accable Voltaire et son projet, et le grand homme est sans cesse attaqué par l'abbé de Pors-
Even qui lui reproche son manque de connaissance en matière de religion. Voltaire reste pourtant convaincu qu'il pourra éveiller les consciences grâce à cette pièce qui fut un four à sa première représentation.
Malgré l'indéniable crédibilité des dialogues qu'Amette a écrits en s'appuyant sur l'abondante correspondance voltairienne, il se consacre trop souvent à des descriptions de la mignardise des lieux et la douceur du temps qui, si elles sont d'une richesse incomparable, malmènent l'intrigue qui pâtit encore de la sporadicité des dialogues. Cependant, l'allégresse façon XVIIIème et la pureté du language d'Amette apportent à ce roman un entrelacs intéressant de sagesse et de vivacité.
08:30 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Livres










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