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22 septembre 2007
Journal intime - Nathalie Rheims
Nathalie Rheims, l'auteur du Cercle de Megiddo, de L'ombre des autres, ou de L'ange de la dernière heure, publie, à cette rentrée littéraire, un roman intitulé Journal intime, augurant déjà, par son titre, que le livre suit ce courant littéraire très en vogue ces temps-ci, l'auto-fiction.
Encore une fois, Nathalie Rheims, écrivain énigmatique et ténébreuse, parle d'amour. Une passion dévastatrice, obsédante, tel est le thème de son nouveau roman. Une vidéo, sur le site des éditions Léo Scheer, met en scène Nathalie Rheims dans un grand appartement, interview-résumé inintéressante à propos du livre, portée par des sanglots de violons qui subliment ce regard profond de l'auteur qui, lascive, soupire à l'oeil du cameraman, pour un résultat qui se veut sophistiqué mais qui, au final, respire l'amateurisme dans la mise en scène. Passons et intéressons-nous plutôt au livre qui vaut mieux que cette infâme publicité.
Le roman, c'est indéniable, a des qualités. Dans la veine de la fameuse Lettre à une amoureuse morte, une longue nouvelle d'une femme frappée par la désespérance et le désamour, ce Journal intime est celui d'une femme qui, s'apercevant que l'homme qu'elle aime tient quotidiennement, lui aussi un journal, tente d'envahir les pages de son amant. Nous assommant de références littéraires, Nathalie Rheims parvient tout de même à livrer de belles lignes. Se livrant en pâture à ses lecteurs, si personnelle qu'on en vient à penser que ce livre est purement autobiographique, l'auteur souffre, accablée par cette passion adultérine qu'elle ne peut vivre au grand jour, profitant avidement des rares heures que cet homme arrive à lui consacrer. Obsédée par un homme qui lui file entre les doigts, terrassée par son absence, la narratrice se confie intimement, se rapprochant désespérement du gouffre, de l'abysse terrifiant de la solitude.
Le but du livre étant de se livrer, il contient également des éclats biographiques, des souvenirs de sa mère, et quelques pages sur son père, écrivain (Maurice Rheims...). Egocentrique, l'auteur analyse sa propre douleur, de sa plume (heureusement) vive et plutôt argéable à lire. La poésie ne manque pas, mais le livre a-t-il un grand intérêt ? On peut suspecter Nathalie Rheims "d'écrire pour écrire", en lisant, sur la quatrième de couverture : "Lorsque je n'écris pas, il ne m'arrive rien". Aurait-elle dû attendre un peu afin d'avoir un peu plus de matière ? Consolons-nous des faux pas littéraires de Nathalie Rheims avec sa poésie et son lyrisme, qui savent enrober l'oeuvre pour, au demeurant, en faire une livre... acceptable.
06:25 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Livres



























Commentaires
Cher Ephémerveille, un éditeur qui vient se mêler d'un site de critique littéraire, ça ne se fait pas, j'espère que vous me pardonnerez cette intrusion. Je voulais juste faire une petite remarque à propos de cette video que vous qualifiez d'"infâme publicité" (rien que ça). Il s'agit d'un "clin d'oeil" qui se voulait humoristique (apparemment, c'est raté) au spot publicitaire réalisé par sa soeur Bettina pour Le Rouge Chanel sur même thème musical emprunté au Mépris de Godard. Si vous entrez le tag "Rheims" sur Dailymotion vous avez les deux spots l'un à côté de l'autre. Un bon point pour vous, cependant, vous avez réussi à en discerner l'amateurisme, par contre, je ne vois pas où vous voyez une intention de sophistication.
J'ai arrêté ma lecture à ce premier paragraphe de peur de découvrir, sur le livre, une lecture déployant la même subtilité.
Ecrit par : léo Scheer | 29 septembre 2007
Bien envoyé ! Mais sachez qu'il ne s'agit pas ici de démonter qui que ce soit. Franchement, la vidéo, clin d'oeil ou pas, est ridicule, et ma sincérité ne m'a pas empêché de m'en gausser.
Sachez également que je n'ai plus 15 ans que depuis quelques jours. Vous excuserez donc l'adolescent puéril que je suis, et qui, faute de "subtilité", n'est pas parvenu à saisir l'allégorie mystique d'une vidéo publicitaire...
Ecrit par : Ephémerveille | 30 septembre 2007
Je ne vois pas en quoi le fait d'avoir 16 ans serait un handicap en matière de subtilité. Pourquoi un adolescent qui a eu assez de talent pour réaliser un aussi joli blog que le votre, n'aurait pas envie d'approfondir ses jugements et ses opinions?
Ecrit par : Léo Scheer | 30 septembre 2007
Pour l'approfondissement de mon jugement sur cette vidéo, il n'y a plus rien à faire, je suis au comble de ma méchanceté.
Je me réjouis cependant de lire les autres romans qui sont parus dans votre maison et de tenter d'être toujours aussi impartial, mais plus prudent dans mes critiques, de façon à ne pas créer un tel esclandre.
Bon vent !
Ecrit par : Ephémerveille | 30 septembre 2007
Effectivement. Tout le monde a compris qui vous êtes et ce que vous faites.
Ecrit par : Léo Scheer | 30 septembre 2007
Je l'espère bien !
Ecrit par : Ephémerveille | 30 septembre 2007
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