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07 octobre 2007
In memoriam - Linda Lê
Enfin ! Après de laborieuses lectures de la rentrée (Pingeot, Rheims...), ma lecture devient enrichissante. Malgré que In memoriam soit également un livre très sombre, il est remarquable, en tout point.
Sola, jeune écrivain tourmentée, met fin à ses jours. Voici l'événement retentissant qui amorce ce roman. Au-dessus du corps se penchent deux rivaux qui se trouvent aussi être des frères. Deux frères que tout oppose. Le narrateur, jeune homme taciturne et littéraire, et Thomas, l'illustre avocat. Deux hommes profondément antagonistes qui néanmoins se lieront dans leurs écueils amoureux, fascinés par Sola, la mystique jeune femme que Linda Lê a l'adresse de ne pas trop décrire, décuplant cette perception étrange, mêlée d'une fascination que l'auteur sait susciter, de cette solitaire, constamment plongée dans son mutisme méditatif, absorbée par ses songes accablants. Sola, derrière son indolence de façade, cache un passé douloureux : le suicide de son père qui, en guise d'adieux, laisse un journal lourd de révélations, et de vaines relations avec des amants étranges et infidèles. Vient alors la rencontre du narrateur avec Sola, dans une librairie. L'admiration qu'il a pour ce jeune auteur est sans bornes, transcendé par sa petite oeuvre, il fera tout pour la conquérir, n'obtenant de l'affection de Sola que des fragments avares. Cependant, sa passion ne fera que grandir et, lorsque sa muse et son frère Thomas se rencontreront, il tombera de haut en lisant leurs regards éloquents. Tout se tisse et se déchire, Sola, versatile, se penche à tour de rôle sur les deux frères ennemis. Avec le temps, ils s'en accommodent, acceptent le fait d'être deux à partager son coeur. La langue si riche de Linda Lê s'apaise pour amener Sola à sa terrible folie qui sourdait en elle depuis le début, qui l'annihilant à petit feu, jusqu'au funeste trépas, jusqu'au suicide brutal qui affligera ses deux amants. Le narrateur tente donc, juste après le décès de son aimée, de comprendre son acte, de déceler cette faille, cette brèche qui meurtrissait son âme. N'ayant pas retrouvé le dernier manuscrit de Sola qui était certainement un testament réquisitoire, le narrateur entreprend l'écriture de ce palimpseste, au comble de son désarroi.
Linda Lê signe un roman magnifique, porté par un style aussi splendide que baroque, mêlant un sentiment mortifère latent et omniprésent à une folie dévastatrice et délétère.
05:25 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Livres



























Commentaires
Mmmm, je suis très tentée par ce livre.
Rien que la couverture, illustrée par une oeuvre de Jéphan de Villiers que j'adore, augure de ce qui pourrait se cacher à l'intérieur.
Mmmm, les Aubes, les Dits d'un Idiots, Voix, les Trois Parques... Je me souviens de ces lectures anciennes, j'avais beaucoup aimé.
Courons !
Merci pour le rappel.
Ecrit par : Exuvie | 28 octobre 2007
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