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14 octobre 2007
Tom est mort - Marie Darrieussecq
Marie Darrieussecq publie, à cette rentrée littéraire, un ouvrage remarqué, mieux : polémique, Tom est mort. Polémique,
puisque Camille Laurens, qui, comme Darrieussecq publiait (eh oui, cette accusation a provoqué son licenciement) chez P.O.L, a attaqué sa consoeur, jugeant que Tom est mort était un "plagiat psychique" de son roman Philippe, récit douloureux de la mort de son nouveau-né. Camille Laurens, qui vient d'être nommée au jury du prix Femina pâtit de ce que l'auteure incriminée qualifie de calomnies.
Tom est mort. La narratrice, sa mère, est une femme exemplaire. Epouse dévouée, elle suit son mari fidèlement, malgré les bouleversements géographiques que la profession de ce dernier lui impose. D'origine française, cette femme en perpétuel exil aura trois enfants avec Stuart : Vince, Tom et Stella. Installée récemment dans un appartement à Sydney, la famille va recevoir le plus douloureux des coups de poing : un des trois enfants va mourir, Tom. Causes de la mort (prévisiblement) tues pour être révélées en filigrane à la fin. La mère se livre sur les pages d'un cahier, sans raconter la mort de Tom comme l'indique évasivement la quatrième de couverture du roman, mais plutôt le chemin parcouru par la narratrice, avec un recul de dix ans.
Lorsque la narratrice fait lire ce cahier à son mari Stuart, elle s'étonne que celui-ci le trouve "macabre". Cependant, la manière plutôt triviale qu'elle a d'analyser le processus de crémation justifie ce jugement. Mais l'accablement que la mort de son enfant cause pourrait justifier de telles obsessions... Au demeurant, Tom est mort ressemble en tout point à un journal intime, et, si le livre est considéré sous cet angle, on peut parler d'excellence en ceci que les frustrations, le ressenti semblent plus vrais que nature. Ne badinons pas, il faut concéder à Marie Darrieussecq son talent de romancière. Elle s'est parfaitement approprié son personnage, rien à redire. Il s'en dégage une remarquable crédibilité qui n'est pas toujours l'apanage des romans qui tentent de traiter de pareils sujets. Un pathos sporadique, mais n'est-il pas autorisé dans un deuil impossible ? Autre petit blâme : les passages "incantatoires" où la narratrice s'adresse directement au spectre de son enfant, ou ceux où elle l'imagine à ses côtés. Ils sont compréhensibles mais, à leur lecture, ils paraissent être de trop. Néanmoins, je tire mon chapeau à Marie Darrieussecq qui, avec ce roman, s'impose de façon nothombienne, un thème grave dans une main et une position de favorite pour le Goncourt dans l'autre...
19:15 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Livres, Littérature






















Commentaires
Pour ma part, j'ai trouvé "décourageant" certains passages de rabâchages. Mais l'ensemble est exceptionnel, profond, très réaliste, et je verrai bien ce livre n'être pas loin du Goncourt (pour ma part, et pour l'instant, ma préférence va au "Rapport de Brodeck").
Si vous voulez, voir la chronique du livre sur mon blog.
Bonne continuation
Ecrit par : papito | 17 octobre 2007
Ce livre est très fort malgré quelques incohérences (l'enfant meurt par accident et un inspecteur ou un commissaire vient enquêter en fin de livre par exemple) mais l'ensemble est très prenant. L'auteure s'est intégrée parfaitement dans une situation inexistante pour elle et souvent indicible.
Mathieu Dufain
http://mathieudufain.hautetfort.com
Ecrit par : Dufain Mathieu | 22 décembre 2007
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