25 novembre 2007

Truismes - Marie Darrieussecq

N'ayant lu que Tom est mort, le dernier ouvrage controversé de Marie Darrieussecq, j'ai eu envie de lire les ouvrages précédents de cet auteur phare de toutes les rentrées littéraires auxquelles elle prend part. J'ai donc lu Truismes, le ce2c871cb167856dd6ab739ad0358b63.gifpremier roman de Marie Darrieussecq qui, tout autant que Tom est mort, mais pour des raisons strictement liées au texte, avait fait couler beaucoup d'encre.

Pour ce premier roman étonnant, Darrieussecq avait imaginé, il y a déjà onze ans, une femme, un peu désoeuvrée par le vau-l'eau de sa relation avec son ami Honoré. Fille sans histoire, presque insignifiante, elle n'a de vertu que celle de contenter ses clients gras et pervers qui profitent de ces services supplémentaires aux massages qui nécessitent la fermeture de la boutique et des stores. Elle vit donc de ces petites prestations, docile face au directeur de la chaîne qui, lui non plus, n'est pas indifférent aux formes généreuses de l'héroïne de Marie Darrieussecq.

Le décor est apocalyptique, l'auteur a imaginé une France en plein déclin. On assiste à une déshumanisation totale, agrémentée d'étranges transformations... En effet, certains parisiens, et la narratrice la première, voient leur corps muer, se raidir, s'abaisser, et changer de forme. Le titre susurre presque imperceptiblement la transformation de la narratrice, car celle-ci, au comble de sa féminité, doit faire face à quelques imperfections qui parsèment peu à peu son corps gracile. Peu à peu, elle perd la douceur de sa peau pour une carapace rêche et velue d'immonde truie. Une évidence, un truisme, pour une femme si impudique qui se livre à l'obscénité, recevant tout l'opprobre qu'elle semble "mériter".

Elle pense en être réduite à habiter les égouts de Paris ou la boue chaude de la campagne mais, en cette période de chaos, les hommes n'ont besoin pour assouvir leurs instincts triviaux que d'un peu de chair et de stupre. Notre héroïne 8e94b2b756fb6a3c09197138660301d9.jpgest donc deux fois sauvée par les hommes. Les personnages de cette fable décapante semblent accoutumés aux moeurs terrifiantes de cette ère (future ?), si bien que ce récit fourbe décuple notre effroi...

De Tom est mort à Truismes, il y a tout un monde. Ils sont radicalement opposés. Il serait donc intéressant que je lise ces livres qui ont, après le succès retentissant de Truismes, bâti la réputation de Marie Darrieussecq. Mais combien de personnes m'ont dit que toute l'oeuvre de Darrieussecq se résumait à Truimes ? Constat qui, s'il est vrai, est plutôt inquiétant pour la romancière... A voir.

Cependant, pour Truismes seulement, il faut saluer cette brillante insensibilité et cette froideur à la fois morne et pleine d'imagination (plutôt effrayante) qui s'allient dans ce texte pas aussi kafkaïen qu'on pourrait le croire...

Commentaires

TRUISME n'a rien de littéraire. C'est un coup de marketting génial, adressé à une population de non-lecteurs fiévreux et déboussolés. Darrieussecq, un auteur phare ? "De toutes les rentrées littéraires...", ça veut bien dire ce que ça veut dire ! Darrieussecq, une merde de non-littérature, un pur produit !
Cordialement

Ecrit par : solko | 26 novembre 2007

Espérons que je me trompe sur ce que vous tentez d'insinuer...
Non lecteur ? J'estime, rien qu'avec ce blog, que je suis un lecteur plus ou moins valable.
En revanche, je doute de votre crédibilité lorsque que vous traitez Darrieussecq de "merde". Pour Tom est mort, je vous le concède, mais avouez que Truismes révèle un certain brio.
Et avant d'insuler l'auteur d'une dizaine de romans, oubliez un peu votre ricidule jactance (cf : "Le blog littéraire, théâtral et lyonnais de Roland Thevenet" ainsi que ce commentaire)...

Sincèrement,

Lucas

Ecrit par : Ephémerveille | 26 novembre 2007

Ce roman est posé dans la bibliothèque familiale depuis des années et ne m'a jamais tenté. Pourtant, ce commentaire aiguise ma curiosité.

Ecrit par : praline | 09 décembre 2007

"immonde truie" ! Et nous voilà une fois de plus dans le cliché très humain concernant la prétendue "saleté porcine"... Parions que chose-machine n'a jamais vu un cochon de sa vie, sinon dans son assiette et ce n'est évidemment pas là que ce sympathique animal est auréolé de toute sa gloire. (Quoique...) Et vous, cher Lucas, connaissez-vous bien le monde porcin ? Croyez-moi, le cochon est l'avenir de l'humanité. Ne le méprisons pas. Bien à vous.

Ecrit par : Porky | 27 décembre 2007

Je l'ai lu il y a quelques années suite au tapage médiatique et j'avoue avoir été plutôt perplexe. Le style m'a beaucoup plus, l'idée même métaphorique (kafkaïenne est le bon terme, en effet) était judicieuse. Seule l'histoire où l'avenir est inhumain ou plutôt déshumanisé m'a déplu. Mais dans l'ensemble, c'est effectivement un excellent roman. Je n'en ai pas lu d'autres mais celà devrait éclairer sans doute la vision de l'auteur.
Beau blog en tous cas et bonne lectures...

Ecrit par : BenoitD | 17 mars 2008

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