09 décembre 2007
Chantier - Gisèle Fournier
Avec Chantier (2006), un recueil de nouvelles également paru au Mercure de France, elle confirme cet amour pour les maisons dont elle parle dans beaucoup d'interviews. Dans ce recueil, il est question de démolition, de glissements de terrain, de fissures, de craquement de parquet. Gisèle Fournier consigne dans ses nouvelles tous les petits symptômes qui augurent le sérieux vieillissement des bâtisses. Mais, au détour de ses descriptions au microscope, l'auteur désire nous parler des individus qui logent dans ces baraques, ces masures, ces grands immeubles. Insalubres, non conformes, les bâtiments que Gisèle Fournier choisit pour décor semblent vouloir, avant les propriétaires et les assureurs, expulser ces pauvres diables, impitoyables et indifférents face aux souvenirs qu'ils ont disséminés dans ces bancales habitations.
A l'instar de leur demeure, les personnages des nouvelles de Chantier tentent d'occulter leurs fêlures comme on cache une fissure dans le mur avec un tableau, se doutant bien qu'un vulgaire cadre serait bientôt trop petit pour dissimuler une brèche grandissante. Vieux, endeuillés, ils sont bien à plaindre. Et Gisèle Fournier, certainement trop maternelle avec ses personnages, teinte leurs voix de sa propre complaisance, partageant de façon tout à fait insupportable leurs multiples afflictions. Un certain style, une belle plume, sont à saluer. Cependant, l'application systématique de cette façon de faire de longs inventaires, de longues listes aussi imagées qu'interminablement lassantes, empêche le lecteur d'y croire un instant. En effet, faire parler un ouvrier éprouvé par sa rude besogne de la même façon qu'un vieux bourgeois qui pleure sa femme n'est pas ce qu'il y a de plus crédible. Du coup, ces répétitions, bien qu'elles accompagnent de belles descriptions qui savent habilement inclure de la poésie dans un paysage on ne peut plus industriel, rendent le livre tout simplement insupportable, et, de surcroît, quand l'auteur agrémente à tout bout de champ ses dialogues de points de suspension, pour des phrases inachevées, dans un ton vain, las et désespéré, on a tout simplement envie de lâcher ce Chantier littéraire aux fondations chancelantes...
12:15 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Livres, Romans, Livre










Commentaires
Bonjour,
A découvrir "Menaces d'amour", un nouveau polar dont une femme est l’héroïne sur : http://menacesdamour.centerblog.net
A bientôt,
François
Ecrit par : François | 09 décembre 2007
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