22 décembre 2007

Le Canapé rouge - Michèle Lesbre

Michèle Lesbre est née en 1947, elle vit à Paris. Grâce à son roman La Petite Trotteuse, paru en 2005 chez Sabine Wespieser, elle a reçu de plusieurs prix littéraires.

Anne, la narratrice du Canapé rouge, se trouve dans le Transsibérien, partie retrouver son amant de toujours, perdu de vue mais toujours aussi présent dans ses pensées, Gyl, qui vit au bord du lac Baïkal. 2b5a46e97f27a7f8b1577041ffc14a6c.jpgLeur correspondance s'étant brusquement arrêtée, Anne quitte Paris, ainsi que sa voisine Clément Barrot, ancienne chapelière, une vieille dame dont la mémoire s'annihile, néanmoins porteuse de souvenirs forts et émouvants, qu'elle partageait  avec Anne, avant son départ.

Au cours de son voyage en train, Anne se remémore ces après-midi passées à essayer les chapeaux que Clémence conserve précieusement, à parler des heures des amours de jeunesse de la vieille femme ou encore à lui raconter les multiples histoires de femmes remarquables telles que Olympe de Gouges ou encore Marion du Faouët.

Et dans son train, Anne se mêle aux voyageurs russes, se servant parfois de ses quelques notions de leur langue. Elle frôlera Igor, un homme silencieux et ténébreux, qui restera en elle une image masculine marquante de son voyage à travers les forêts. Au bout de son périple, Anne accède enfin aux berges du lac Baïkal. Mais la maison de Gyl est vide, il est parti pour un court voyage. Anne ne l'attendra pas. S'était imprégnée du nouvel univers de son aimé, ayant fait connaissance avec les enfants de son petit village, et s'étant aperçue qu'il était marié et qu'il attendait un enfant, la narratrice préfère retourner à Paris, afin de retrouver Clémence et ses doux récits d'amours adolescentes. 

Tout au long de son roman, Michèle Lesbre déploie une poésie, un goût de l'ailleurs magnifiques. L'auteur sait admirablement nous faire voyager. Cependant, son habitude de marteler le texte de citations, au gré des nombreuses lectures de son personnage, est quelque peu lancinante. De plus, Lesbre a l'habitude de parsemer son livre de phrases, certes fort habilement tournées, mais qui respirent le lieu commun, le déjà vu, le réchauffé. En parlant d'Igor : "Aujourd'hui encore, je continue de penser qu'il était un guide, un ange discret. N'avez-vous jamais croisé de ces êtres qui semblent ne pas se trouver sur votre chemin par hasard, mais par une sorte d'évidence si bouleversante que votre existence en est subitement transformée ?". Attention donc à ne pas sombrer dans une facile et désagréable mièvrerie. Ce que Michèle Lesbre évite de justesse, grâce au charme qu'elle a su conférer à ces deux femmes attachantes, et à ce dénouement aussi beau que tragique. Il résulte de ce roman une musique intéressante qui, malgré quelques fausses notes, a la qualité de rester en tête.

 

Commentaires

d'ordinaire je n'accroche pas du tout avec les proses qui cumulent les citations, pour faire leur petit effet à peu de frais, mais bizarrement dans ce texte-là, ça ne m'a pas gêné, et même cela m'a donné envie de rebonir sur d'autres lectures...ne serait-ce que nazim hikmet, le poète turc ! j'ai trouvé beaucoup de délicatesse dans ces portraits...

Ecrit par : la môme poison | 22 décembre 2007

J'ai beaucoup aimé ce livre.

Ecrit par : Bellesahi | 22 décembre 2007

Happy Christmas frommary and Alain

Ecrit par : alain | 25 décembre 2007

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