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26 décembre 2007
Viens là que je te tue ma belle - Boris Bergmann
de consolation", Boris Bergmann s'est vu attribuer le "Prix de Flore du lycéen". Quand on n'a pas lu son livre, on se dit, bon, c'est un rattrapage un peu étrange, mais, à 15 ans, il était normal de lui donner quelque chose. C'était du moins mon humble avis. Mais, après la lecture de Viens la que je te tue ma belle, publié aux éditions Scali, j'ai dû me délester de ma clémence et de mon admiration...
On pourrait presque se demander si ce roman avait vraiment été lu avant sa sortie... Tout cela respire le pistonnage, les relations et autres recommandations. Pourtant, avec un texte pareil, c'est seulement avec un couteau sous la gorge qu'un éditeur qui se respecte pourrait accepter la publication.
Au départ, rien de très méchant. Isidore, un jeune adolescent parisien, vit avec sa mère. Sa découverte, par hasard, du rock and roll, va le propulser loin de sa petite vie tranquille. Il fréquente désormais le Gibus, où se produisent des rockeurs en herbe. Alcool, drogue, sexe, tout y passe, évidemment. Bergmann, qui semble s'être rendu compte de la vacuité littéraire de son récit, le truffe de références rock à outrance, passant sous silence la littérature, que la quatrième de couverture disait bien présente dans la nouvelle vie rock de Bergmann, et que l'exergue, "Tu sais, y'a pas que Lautréamont dans la vie", ma foi pas inintéressant, avait l'air d'annoncer.
Bergmann s'autorise également quelques sommets philosophiques : "Je dévale la rue de Belleville, j'esquive voitures et lampadaires, le vent me pousse, je ne peux pas m'arrêter, je vais trop vite. Je vais toujours trop vite. Tout va toujours trop vite." Et cela fait encore partie de l'acceptable. Car il y a également les phrases (les pages!) qui accablent... : "(...) déjà, je me suis fait un nom : Dent Pétav', car l'une de mes incisives et cassée." De plus, Bergmann nous offre de splendides descriptions parisiennes : "Dehors, les grilles du Luxembourg sont toujours aussi noires." Mais ne déplorons pas tout. Le point de départ du livre est une découverte culturelle, et cela n'est pas négligeable. Acceptons le code vestimentaire qui se rattache à ce courant, et même la mode, soyons fous ! En revanche, l'excessive superficialité est plutôt ridicule et insupportable.
L'auteur semble aussi ivre que son double, non pardon, son personnage, lorsqu'il parsème son texte de concepts typographiques bien étranges, qui, en majuscules, évidemment, ont l'air de ne servir qu'à remplir un peu le livre... et, de surcroît, nous agacer terriblement. A 15 ans, Boris Bergmann a donc le temps d'acquérir un peu de maturité et de lire un peu plus. Mieux : pourquoi ne pas se contenter du rock and roll, car, comme chacun devrait le savoir, il est plutôt périlleux de confronter les industries.
15:20 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Livres, Roman, Livre



























Commentaires
Ca ressemble à un magnifique coup éditorial. Il serait intéressant de savoir qui ce Bergmann... à coup sûr un gosse de riche dont on publie les croûtes en faisant passer ça pour du Rimbaud...
Ecrit par : AGIT LOG | 28 décembre 2007
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