01 janvier 2008
Au secours, Mrs Dalloway ! - Mary Dollinger
Mary Dollinger est anglaise. Elle vit en France depuis de nombeuses années et a publié deux livres chez l'éditeur lyonnais Jacques André : Journal désespéré d'un écrivain raté, ainsi que Au secours, Mrs Dalloway !, un premier roman prometteur.
Dès la première page du livre, on entre chez une petite famille plutôt électrique, dirigée laborieusement par Clare Fournier, une jeune anglaise exilée en France. Chaque jour, Clare doit faire face aux membres rocambolesques de la
famille Fournier : son mari absent, constamment en voyage d'affaires, ses enfants tous deux très différents mais qui se ressemblent dans leur terrible façon d'être insupportables, ainsi que Mathilde, la gouvernante, qui n'épargne pas la charmante maîtresse de maison de ses désagréables sarcasmes.
Mary Dollinger part donc d'un cliché délectable pour mieux le faire éclater ensuite. Quoique... Clare Fournier, qui subit difficilement sa torpeur de ménagère, parfois quelque peu bousculée par sa drôle de maisonnée, décide d'écrire un roman, choisissant pour personnage une héroïne ressemblant en tous points à celles de Virginia Woolf, Felicity, qui fera la rencontre d'un gentleman, Nicolas. Avec un humour qui persiste tout au long du roman, l'auteur décrit par le biais de Clare les séances d'instense écriture de cette dernière, qui s'émeut devant une maigre dizaine de pages ou une description vestimentaire bien ciselée.
En se poursuivant, l'histoire ne manque pas de couper le souffle du lecteur. Mary Dollinger constelle son roman d'étonnants rebondissements, qui riment tour à tour avec adultère, belge fortuné, Angleterre et littérature. Le périple de Clare Fournier, dont le côté mordant, acerbe, rattrape sa tendre maladresse, consistera donc, entre autres, à voir ses personnages se matérialiser, ou, en tout cas, avoir une influence importante sur la vie de leur créatrice. L'auteur, au travers de son personnage, profite également d'épingler quelques habitudes masculines et fémines déplaisantes mais aussi l'absurde excentricité dont peuvent parfois faire preuve quelques artistes se voulant avant-gardistes, ou encore les auteurs qui, sous prétexte qu'ils vendent des milliers d'exemplaires de leurs livres, se permettent d'écrire des futilités affligeantes, sans pour autant assumer le fait qu' Au secours, Mrs Dalloway ! pastiche allégrement la collection Harlequin ou Barbara Cartland.
On relèvera également, sans pour autant le dévoiler, un happy end aussi cinglant que désopilant, dans lequel, encore une fois, Mary Dollinger distille le cliché d'une fin de petite comédie française, pour en faire un dénouement épique, une issue savoureuse. Ce livre a la chance de posséder le petit accent british de son auteur, qui par sa singularité, fait toute la différence.
19:27 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Roman, Livres, Livre










Commentaires
Moi aussi, je parle de Mary Dollinger. Si ça t'intéresse, c'est ici:
http://wrath.typepad.com/wrath/2008/01/commencer-la-no.html
J'espère que tu prépares de nouveaux podcasts, le premier était très bien!
Ecrit par : wrath | 02 janvier 2008
Oui, Wrath, un podcast est prévu, et d'autres sont à négocier...
Fin janvier, ce sera Mary Dollinger, justement.
Content de t'avoir fait connaître le Journal désespéré !
Ecrit par : Ephémerveille | 02 janvier 2008
J'ai trouvé ce roman très...bof !
Ecrit par : Bellesahi | 07 janvier 2008
Un commentaire argumenté, merci Bellesahi !
Ecrit par : Ephémerveille | 07 janvier 2008
http://dlivresetdchamps.canalblog.com/archives/2007/04/24/4714250.html#comments
Mon avis sur ce livre !
Ecrit par : Bellesahi | 08 janvier 2008
Merci.
Ecrit par : Ephémerveille | 08 janvier 2008
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