« Au secours, Mrs Dalloway ! - Mary Dollinger | Page d'accueil | Chant de la Grande Dixence - Maurice Chappaz »

02 janvier 2008

Les romans n'intéressent pas les voleurs - Alain Rémond

Alain Rémond est journaliste et écrivain. Après quelques livres édités au Seuil, il publie Les romans n'intéressent pas les voleurs, aux éditions Stock.

Jérôme travaille pour les éditions Hurtebise, sa principale fonction au sein de cette grande entreprise étant "mettre en forme" les ineptes romans de Benjamin Bannister, l'auteur qui, grâce à ses best-sellers, fait vivre la maison. Malgré que Jérôme abhorre au plus haut point chaque ligne de ce Bannister, il est contraint de réécrire entièrement des livres qui se 532bdab0fe34c106900c39d9ecaa21f6.jpgvendent par centaines de milliers, devenant un peu le nègre de cet incapable.

Jean-Paul, le meilleur ami de Jérôme, est critique littéraire dans un hebdomadaire. Il partage avec lui une passion qui occupe tout leur temps libre : la lecture des romans de Santenac, mais surtout sa recherche éperdue. Puisque Santenac, après avoir écrit trois romans couronnés de succès, révélant le génie de leur auteur, s'est volatilisé, ne laissant aucune nouvelle, et plongeant donc les deux comparses ainsi que de nombreux lecteurs dans un terrible désarroi. Mais ils ne se résignent pas. Ils liront encore du Santenac puisqu'un ami libraire de Jean-Paul semble avoir aperçu un homme aux traits ressemblant étonnamment à ceux du grand écrivain... Jérôme et Jean-Paul se retrouvent donc au milieu de l'Aveyron, et partent à la recherche de leur idole, qui, dans leur jeunesse, avait tant su les combler de sa prose juste et émouvante.

On ne peut pas qualifier leur rencontre avec Santenac de décevante, non. La découverte de la nouvelle vie de l'auteur entraîne les deux amis dans un tourbillon ahurissant, gravitant autour de ce personnage mystérieux et bien surprenant qu'est ce Santenac. Au fond, cet homme retiré tel un ermite n'aurait-il pas été victime d'une mésalliance, d'un navrant malentendu entre lui et son lectorat ? Un écrivain peut-il supporter une totale incompréhension méditatique ? Et, dans sa retraite, Santenac n'a-t-il pour seul viatique que son amère déception ?

Alain Rémond, d'un style plutôt simple et parfois éprouvant par sa fulgurance, déconcerte son lecteur de ses rebondissements en tous genres, virant parfois au dantesque, au cocasse et, à la fin, au grotesque... Néanmoins, l'auteur affirme quelques positions sur l'édition, sans pourtant s'avancer véritablement, dénonçant les aberrantes frivolités que contiennent certains best-sellers. Alain Rémond, malgré quelques faux pas, parvient à nous tenir en haleine durant toute l'épopée de ses deux personnages qui, comme lui et comme les libraires dont il trace un portrait attendrissant, ont un amour démesuré pour la littérature.

 

Commentaires

Votre site est chaleureux et passionné, mais, puis-je vous donner un conseil ? Evitez le "malgré que", piégeant -indicatif ou subjonctif, après ? - , lourdingue et si aisément remplaçable, soit par une tournure passive, soit par un "bien que + subjonctif" qui vient tout naturellement...

Bon, puis-je vous conseiller, si vous avez aimé ce dernier livre de Rémond, ses autobiographies particulièrement touchantes - "chaque jour est un adieu", et "un jeune homme est passé" ? Vous savez (ou non ?) qu'il officie chaque semaine dans le journal Marianne, et qu'auparavant, pendant près de vingt ans je crois, il a fait le bonheur des lecteurs de Télérama avec une chronique télévisuelle ("mon oeil") acidulée et courtoise à la fois. Ce qui, vous en conviendrez, n'est pas donné à tout le monde...

Sinon, merci derechef : vous ouvrez la porte vers des auteurs inconnus, et vous êtes d'une sincérité irréprochable. Bravo et merci !

Clopine Trouillefou

Ecrit par : clopine trouillefou | 20 février 2008

Je vous remercie de votre bienveillance, chère Clopine, et pardonnez-moi d'utiliser le malgré que à ma guise... c'est que je me sens chez moi, ici...
Merci pour tous ces renseignements, mais permettez-moi de ne m'intéresser qu'à ses, en l'occurence son roman.
Je ne regarde que très peu la télévision.

En effet, vous relevez une des fonctions que j'essaie humblement d'avoir : faire découvrir les auteurs peu connus.
Et qui le méritent, entendons-nous.

Ecrit par : Ephémerveille | 20 février 2008

dans un genre similaire je vous conseille "Le livreur" de Philippe Langenieux-Villard, publié chez nous à la rentrée littéraire de septembre 2007...
Si mail reçu avec coordonnées , envoi gratuit garanti!
GCS

Ecrit par : Gillou le Fou | 01 mars 2008

Merci beaucoup, mais je l'ai déjà acheté. Il attend patiemment de sortir de ma pile volumineuse...

Ecrit par : Ephémerveille | 02 mars 2008

Ecrire un commentaire