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        <title>Ephémerveille</title>
        <description>Soumission totale à la littérature...</description>
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        <lastBuildDate>Mon, 05 May 2008 22:49:53 +0200</lastBuildDate>
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                <title>Cinq vivants pour un seul mort - Catherine Lovey</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (lu-k)</author>
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                                                <pubDate>Mon, 05 May 2008 22:41:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;Catherine Lovey est valaisanne. Cette criminologue&amp;nbsp;a publié un premier roman en 2005, &lt;em&gt;L'Homme interdit&lt;/em&gt;, aux éditions Zoé. &lt;em&gt;Cinq vivants pour un seul mort&lt;/em&gt;, son deuxième livre, est sorti au début de cette année.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img width=&quot;187&quot; src=&quot;http://www.editionszoe.ch/images/Lovey-MortW197x292.gif&quot; alt=&quot;Lovey-MortW197x292.gif&quot; height=&quot;282&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; width: 187px; height: 282px; border-width: 0px&quot; /&gt;Un mort : Markus Festinovitch, brillant homme d'affaires, charmeur, il mène une vie aisée, confortable. Mais un jour, sans crier gare, alors qu'il visite un appartement avec Gabriella, l'une de ses nombreuses amantes, qui'il souhaite quitter&amp;nbsp;lâchement&amp;nbsp;en lui offrant un nouvel endroit où vivre, il se jette d'une fenêtre exiguë. Autour du cadavre, cinq vivants : un groupe d'amis, dont Pierre, l'arrogant associé de Markus, et Jean, au centre du roman, et dont la crise existentielle est déclenchée par ce suicide inopiné. Harassé par sa femme Marion&amp;nbsp;qui semble trouver la souffrance de son mari excessive, abusive, Jean&amp;nbsp;éprouve le désarroi le plus&amp;nbsp;profond.&amp;nbsp;&quot;Plus tu te tais plus je t'entends&quot;, lui assène Marion, sans se douter que ses blessantes paroles ne font qu'affecter davantage Jean pour qui la mort de son meilleur ami a eu un effet dévastateur. Et, dépassé par les événements, exaspéré par l'insolence de Pierre, qui fixe la date des funérailles de Markus sans en avertir les autres lui qui a&amp;nbsp;révélé avec autant de désinvolture que Markus vivait sous une fausse identité - son vrai nom&amp;nbsp;était Peterssen-Mink -, Jean s'enfuit, abandonnant Marion qu'il soupçonne d'entretenir une liaison avec Pierre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et c'est à ce moment que Jean sombre dans une décadence identitaire incontrôlable. Persuadé qu'il connaîtra l'origine du mal-être de&amp;nbsp;Markus en retrouvant ses racines, il se met à chercher le père&amp;nbsp;de son défunt ami, dans un total déni de sa réelle identité. Il atterrit donc à Helsinki, où Aïda, une femme de ménage altruiste et charitable lui porte secours momentanément, le prenant sous son aile dans les rues enneigées de la capitale finlandaise. Mais l'enquête de Jean ne s'arrête pas là. D'abord effrayé de rencontrer Peter, le frère de Markus, aux funérailles qu'il a désertées, il le retrouve, à Oulu et se fond dans son intimité, malgré sa maladresse, devenant l'oncle spirituel de sa petite fille Eleonor, créant des liens avec elle à cause d'un bête accident.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dès lors, bringuebalé par l'originale narration de Catherine Lovey qui découpe son roman en trois actes, on assiste à la totale remise en question de Jean qui, se préoccupant exclusivement des turpitudes dans lequelles il s'empêtre, se livre à une pleine introspection. Sans trouver les clefs de son trouble, il parvient à vivre dans un semblant de paix intérieure au milieu d'une forêt, apaisé par la neige qui entoure sa nouvelle petite maison de bois. Résolu à demeurer dans cette glaciale thébaïde,&amp;nbsp;Jean s'éloigne ainsi des frontières de la folie qu'il a, dans son périple, tant de fois failli outrepasser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De ce style déroutant et déjà étonnament affirmé, Catherine Lovey, qui aurait tout de même pu éviter quelques longueurs, cisèle un roman totalement éclaté, jouant sur les ellipses qu'elle étire impunément, mêlant froideur et&amp;nbsp;sarcasme,&amp;nbsp;pour un résultat déconcertant, développant ainsi une singularité que l'on hâte de retrouver.&lt;/p&gt; 
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                <title>Une pomme oubliée sur le buffet - Anne Kovalevsky</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (lu-k)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 02 May 2008 12:08:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;Anne Kovalevsky est conteuse. Elle travaille en milieu hospitalier, dans des écoles, des bibliothèques, et se produit dans des théâtres et des festivals. Elle a publié, en 2007, &lt;em&gt;Une pomme oubliée sur le buffet&lt;/em&gt;, chez l'éditeur lyonnais Jacques André (éditeur de notre chère &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ephemerveille.hautetfort.com/archive/2007/11/25/journal-desespere-d-un-ecrivain-rate-mary-dollinger.html&quot;&gt;Mary&lt;/a&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ephemerveille.hautetfort.com/archive/2008/01/01/au-secours-mrs-dalloway-mary-dollinger.html&quot;&gt;&lt;img width=&quot;114&quot; src=&quot;http://www.jacques-andre-editeur.eu/themes/nouvelles/1356pob.jpg&quot; alt=&quot;1356pob.jpg&quot; height=&quot;204&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; width: 114px; height: 204px; border-width: 0px&quot; /&gt;Dollinger&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Septième étage. Service de gériatrie. Une conteuse entre dans les chambres et, au chevet des personnes âgées, se met à raconter des histoires. Maîtrisant son art à merveille, elle éblouit ses auditeurs des petites aventures et anecdotes qu'elle sème allégrement, pour faire revenir ou maintenir en vie leurs sourires amusés, doux ou émus. Mais les histoires, &quot;ça marche dans les deux sens&quot;. Aussi, lorsque Anne Kovalevsky en arrive au mot fin, c'est son public qui la relaie, partageant avec l'attentive narratrice une petit histoire, écho de cette grande mémoire qui bouillonne en chacun des pensionnaires. Car eux aussi&amp;nbsp;ressentent cette imperceptible envie, mieux, ce besoin, de prendre la parole pour égayer les mornes journées à l'hôpital d'un récit enjoué, toujours empreint de tendesse nostalgique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Texte d'un spectacle bâtit sur son expérience à l'étage des aînés, &lt;em&gt;Une pomme sur le buffet&lt;/em&gt; est un attendrissant échantillon de la passion qui meut Anne Kovalevsky. C'est donc un infini plaisir de découvrir l'histoire incensée et féline du mari cordonnier de Renée, celle de Félix, tailleur contraint de confectionner des uniformes pour les Allemands, ou encore celle du père André, homme d'église pas indifférent aux charmes de sa gracile cuisinière...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;Emerveillée par cette sage assemblée avec laquelle le partage est roi, Anne Kovalevsky nous livre, des étoiles dans les yeux, ces historiettes devenues des contes, tant elles sont chères et précieuses au coeur de l'auteur.&lt;/p&gt; 
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                <title>Petit et Méchant - Blaise Gauquelin</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (lu-k)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Mon, 28 Apr 2008 22:04:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;Voici un roman qui n'a guère fait l'unanimité auprès des critiques. Très subversif, très &lt;em&gt;trash&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Petit et Méchant&lt;/em&gt;, de Blaise Gauquelin, publié par L'Altiplano, en a choqué plus d'un. Car d'entrée de jeu, l'auteur, jeune français vivant en Autriche, nous propose une scène écoeurante et obscène, un &lt;img width=&quot;185&quot; src=&quot;http://www.laltiplano.com/images/large/9782353460175.gif&quot; alt=&quot;9782353460175.gif&quot; height=&quot;280&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; width: 185px; height: 280px; border-width: 0px&quot; /&gt;éléctrochoc, comme pour signifier que son roman est écrit au vitriol et que sa violence n'exclut pas quelques aspects pornographiques. D'aucuns se sont insurgés contre ce premier chapitre provoquant&amp;nbsp;et ne sont pas allés au-delà. Ils ont eu tort. Premièrement parce que la suite du roman est tout à fait passionnante, deuxièmement parce qu'ils n'ont rien compris en voyant dans cette originale orgie - abjecte, j'en conviens - la définition même du personnage central, le jeune français Balthazar qui, tout au long de son périple, n'aura été qu'un &quot;lèche-cul&quot;, un homme soumis à ces supérieurs qui ne feront qu'abuser de lui, professionnellement, entre autres. Mais cet asservissement malsain prend fin lorsque Balthazar assassine le &lt;em&gt;boss&lt;/em&gt; de la chaîne pour laquelle il s'évertuait à faire le nègre. C'est alors que commence son rocambolesque calvaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Après un coup de foudre avec Egon, un bel autrichien que Balthazar prend pour un australien, victime de ses piètres notions d'anglais, il s'envole avec lui jusqu'à Vienne et s'installe en ménage avec lui et sa femme, Véra. Il s'accomode très vite à sa nouvelle vie viennoise&amp;nbsp;et commence à se mêler de la politique locale, qui se révèle être des plus désastreuses. L'arrivée au pouvoir du &lt;em&gt;Schmarotzer&lt;/em&gt; Branau chamboule la vie politique autrichienne, puisque cet inquiétant acabit de führer prend des mesures drastiques, au nom de son parti baptisé Ö (comme Österreich) à l'idéologie résolument nationaliste. Ce Branau, que Vera et Egon redoutent et abhorrent, rassemble les foules et, grâce à ses puissants discours, parvient à faire accepter au peuple autrichien de briser son appartenance à l'union européenne. Ce qui aoutira à une indépendance presque autarcique de l'Autriche qui verra ses rapports avec les pays étrangers sérieusement compromis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Après avoir été arrêté en train de tenter de passer la frontière en compagnie de ses étranges concubins, Balathazar purge une peine de sept ans dans un camp de travail, avant d'être forcé d'épouser&amp;nbsp;une femme koweïtienne, et de vivre avec elle&amp;nbsp;dans un petit appartement. La nouvelle organisation stricte et inébranlable du pays encourage Balthazar à se ranger et à ne plus se mêler des esclandres. Mais il en sera tout autrement car, une fois confortablement établi, il subit les assauts d'une ascension sociale hors du commun. Naturalisation, amitié de Branau, dit aussi le &lt;em&gt;Guide&lt;/em&gt; et poste important de journaliste, la réussite de Balthazar est telle qu'il accède au sommet de la bonne société viennoise. Mais à quel prix...&amp;nbsp; car Balthazar, taraudé par un entêtant désir de fuite, apatride, déraciné, doit changer d'identité.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un roman décapant, haletant, qui, de sa virulence, rappelle au lecteur l'état déplorable&amp;nbsp;de la conjoncture politico-sociale actuelle. Une réalité peut-être trop édulcorée&amp;nbsp;en littérature qui, comme le trace le trait quoique très forcé de Blaise Gauquelin, est composée de vils individus corrompus par les systèmes viciés auxquels ils appartiennent.&lt;/p&gt; 
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                <title>Rebelles - Claude Luezior</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (lu-k)</author>
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                                                <pubDate>Tue, 08 Apr 2008 21:36:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;Claude Luezior, écrivain et neurologue suisse, a publié quantité d'ouvrages aux éditions Buchet Chastel et a reçu de multiples distinctions littéraires. Son dernier roman est sorti aux éditions de l'Hèbe (Suisse), et s'intitule &lt;em&gt;Rebelles&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Madeleine et Paul Renon sont mariés depuis plus d'une cinquantaine d'années. Ils vivent paisiblement et, malgré le temps, sont toujours aussi attentionnés et tendres l'un envers l'autre. Paul, ingénieur-inventeur, s'affaire sans &lt;img src=&quot;http://www.fr.ch/bcu/Images/fonds_p/doc_frib/Luezior_1.jpg&quot; alt=&quot;Luezior_1.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;cesse dans son atelier, exerçant son merveilleux métier de &quot;poète de la mécanique&quot;. Quant à sa femme, elle est rayonnante et profite à chaque instant des petits plaisirs de la vie.&amp;nbsp;Jusqu'au jour où de riches industriels proposent à Paul&amp;nbsp;de confectionner un engin révolutionnaire, producteur, à la chaîne, de rouleaux de printemps. Et, bien que Paul ait derrière lui des années d'expérience ainsi que l'amour pour son métier, la machine lui résiste et a du mal à passer le cap prototypique. L'appareil est bancal et il n'en sort que des rouleaux difformes. Mais Paul, à l'instar de Meis, un pionnier américain de l'électronique dont il se réclame, aspirant aux mêmes ambitions visionnaires, ne perd pas espoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A cette situation embarassante vient s'ajouter la douce folie qui semble s'emparer de Madeleine. En effet, celle-ci se met à oublier ou à confondre les noms et semble dériver. Hypothèse du médecin de famille : Alzheimer. Paul et Léo, le fils des Renon, ne perdent pas espoir. &lt;em&gt;&quot;Un air de printemps allait souffler dans leurs caboches et le moulin tournerait à nouveau, grinçant de ses bras immenses, pour moudre, longtemps encore, une très blanche farine. Ce n'était rien. Juste un mal transitoire.&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mal de Madeleine gagnera néanmoins du terrain. Heureusement, le père et le fils, constamment dépités, voient parfois leur quotidien s'égayer d'une once de poésie dans la démence qui guette Madeleine. Celle-ci nous attendrit lorsque, dans la plus banale des situations, elle se retrouve déboussolée et doit retrouver avec maladresse ses repères en questionnant son mari. Malheureusement, ce personnage touchant ainsi que la maladie qui l'assaille auraient pu être décrits davantage par l'auteur, qui paraît vouloir privilégier Paul et son expérimentation mécanique infructueuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Rebelles&lt;/em&gt;, loin d'être un roman &lt;em&gt;de référence&lt;/em&gt; sur la maladie d'Alzheimer, est plutôt un joli livre lyrique, dont la recherche esthétique intéressante ne peut qu'être bénéfique à cette petite fable familiale. Et, Claude Luezior, fort de sa riche expérience littéraire, connaît à la perfection les engrenages et les rouages de son écriture, les utilisant les yeux fermés pour produire sa prose. Mais cette pratique, pâtit de l'excessive habitude de l'auteur qui, à certains endroits du texte, aboutit à une littérature ankylosée. Un grain de folie, un semblant de fougue eussent été les bienvenus.&lt;/p&gt; 
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                <title>Chroniques de l'asphalte 2/5 - Samuel Benchetrit</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (lu-k)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Mon, 31 Mar 2008 23:18:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;&lt;em&gt;Samuel Benchetrit est cinéaste. Il a également publié quelques livres dont&lt;/em&gt; Récit d'un branleur&lt;em&gt;. En 2005, il a publié le premier tome de ses&lt;/em&gt; Chroniques de l'asphalte&lt;em&gt;, dans lesquelles il raconte son parcours social décapant. Voici une critique du deuxième volet des aventures de Benchetrit :&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a de quoi rire, à la lecture de ce deuxième volume des pérégrinations de l'auteur dans la vie active. Débutant par l'arrivée à Paris du narrateur, le livre est un enchaînement de saynètes plus ineptes les unes que les autres. Au programme, donc, de cette ignominie, un vulaire &lt;img width=&quot;140&quot; src=&quot;http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/3/9/7/9782260016793.jpg&quot; alt=&quot;9782260016793.jpg&quot; height=&quot;207&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; width: 140px; height: 207px; border-width: 0px&quot; /&gt;rapport gérontophile entre un aide-soignant et une vieille dame, des vomissements intempestifs et la révoltante sodomie d'une princesse écervelée. Autant dire que Benchetrit ne fait pas dans la dentelle. Mais ce livre, qui se veut pompeusement le deuxième d'une série de cinq livres autobiographiques, révèle la totale absence de propos de son auteur qui, à grands renforts d'onomatopées insupportables en majuscules, tente d'étoffer un peu cet aberrant recueil d'inanités. Se risquant à esquisser un navrant acabit de portrait social, Benchetrit s'enfonce dans son excessive décadence, dans son langage ordurier qui voudrait tant que ce livre&amp;nbsp;heurte les puristes et les sages petits lecteurs, fier d'amener de sa banlieue&amp;nbsp;son verbiage&amp;nbsp;caractéristique qui, au demeurant, fais plutôt penser à celui de la jeunesse&amp;nbsp;dorée de Neuilly-sur-Seine.&amp;nbsp;Le comble de sa démesure :&amp;nbsp;&quot;Bench&quot;, se réclamant de Lautréamont, de Nerval&amp;nbsp;et de Baudelaire, ébauche quelques&amp;nbsp;&quot;poèmes&quot; d'une logorrhée qui n'emprunte à la poésie que sa présentation dactylographique, dans un écoeurant accès lyrique, ne faisant finalement que débiter d'autres insanités.&amp;nbsp;Resteront dans nos mémoires :&amp;nbsp;&quot;Eh Maman, où est mon prépuce ?&quot;, &quot;Le chien est l'avenir de l'homme&quot; ou encore &quot;Vroom vroom&quot;. Quand les sempiternels soupirs des écrivains &quot;wanna-be&quot; pourront-ils enfin cesser ?!&amp;nbsp;Quand des maisons aussi respectables que Julliard publieront-elles des ouvrages avec d'autres critères que celui du pouvoir télégénique de l'auteur ? ...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Benchetrit, sa vie, son oeuvre sur cinq volumes ? La torture à l'état pur. D'une telle sottise que, dans sa médiocrité, il n'arrive même pas à la cheville du livre de Boris Bergmann, le parigot de 15 ans édité par Scali. Une insurrection littéraire est nécessaire. Pire : vitale.&lt;/p&gt; 
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                <title>Pardon mère - Jacques Chessex</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (lu-k)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Thu, 27 Mar 2008 22:33:00 +0100</pubDate>
                <description>
                     &lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Quantité d’écrivains se sont essayés au périlleux exercice du livre maternel. A ceux d’Albert Cohen, de Georges Bataille ou de Richard Ford vient s’ajouter celui de l’éminent écrivain vaudois Jacques Chessex, &lt;i&gt;Pardon mère&lt;/i&gt;. C’est inévitable, la plume de Chessex, ce talent dont n’importe lequel de ses livres témoigne, et son lyrisme sublimé par l’amour démesuré qu’il porte à sa mère et à son image, ne peuvent &lt;img src=&quot;http://image.evene.fr/img/livres/g/9782246733515.jpg&quot; alt=&quot;9782246733515.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;qu’aboutir à un livre splendide. Et pourrait-il être d’une telle qualité s’il n’était pas également né d’une souffrance, notamment celle provoquée par le décès de&lt;/span&gt; &lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;sa génitrice, mais également par les remords dont l’écrivain est la proie, lui qui n’a pas dit à sa mère l’importance qu’elle avait pour lui, lui qui n’a pas demandé pardon à cette femme qu’il admirait plus que tout&amp;nbsp;? Certainement pas car on sait que de tout temps, Jacques Chessex a distillé les douloureux tourments qui le rongeaient en des livres poignants, tant en poésie qu’en littérature, tels que &lt;i&gt;L’économie du ciel, Les Elégies de Yorick&lt;/i&gt;, ou &lt;i&gt;L’Ogre&lt;/i&gt;. Alors, pourquoi Chessex n’a-t-il pas dit à sa mère tout ce qu’il désirait lui dire&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;Longtemps j’ai eu le temps.&amp;nbsp;» Il décide donc de créer ce «&amp;nbsp;tombeau de mots&amp;nbsp;» pour celle qui jugeait les livres de son fils comme étant d’une impudence sexuelle inacceptable. Tout au long de sa vie, donc, Chessex avoue l’avoir fait souffrir en la négligeant et en ne l’écoutant pas suffisamment.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Et bien que Jacques Chessex se soit si mal conduit du vivant de Lucienne Chessex, née Vallotton dans le Jura vaudois, à Vallorbe, il lui rend un hommage émouvant, dressant un portrait mêlé d’amour et de reconnaissance. Il retrace la vie de cette femme droite qui dut&amp;nbsp;subir les tromperies et les méfaits de son époux, étant néanmoins à son chevet à l’hôpital, après son geste fatal qui le fera mourir un peu plus tard, le quittant solennellement avec cette dignité qu’elle avait su préserver courageusement, lui adressant ces deux mots retentissants dans la mémoire de Chessex, «&amp;nbsp;adieu Pierre&amp;nbsp;».&lt;/span&gt; &lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Les nombreux rendez-vous manqués et les incartades de son fils n’empêcheront cependant pas Lucienne Vallotton de l'aimer, «&amp;nbsp;comme une mère&amp;nbsp;». Mais que le désarroi de Jacques Chessex est grand lorsque sa mère, devenue chétive et aveugle, reste cloîtrée et silencieuse dans sa chambre du home La Pensée, à Lausanne. Convaincu que la réparation est encore possible, à l’aube de la mort maternelle, Chessex se borne à une forme de déni dû à sa peur d’avouer sa médiocrité à celle qu’il vénère.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Cet amour qui fait de ce livre un des plus beaux et émouvants de l’œuvre de l’écrivain est d’ailleurs certainement exacerbé par le manque affectif que la mort de son père&amp;nbsp;a causé chez Jacques Chessex. Une petite réserve est tout de même à émettre dans les pourtant très belles descriptions des passions et des aspirations maternelles, de son dévouement pour son beau jardin ou encore son amour de la terre, des vers de La Fontaine et des proverbes, on peut déceler quelques pointes excessives d’admiration. En effet, en lisant &lt;i&gt;Pardon mère&lt;/i&gt;, l’auteur nous donne parfois l’impression de considérer sa mère comme une sainte, ce qui est difficile à concéder, même si Chessex en revendique la perfection morale et physique. Et il est tout aussi difficile d’admettre que, comme l’écrit Chessex, Albert Cohen (&lt;i&gt;Le livre de ma mère&lt;/i&gt;, Gallimard) est un menteur. Alors qu’il l’accuse audacieusement de «&amp;nbsp;broder&amp;nbsp;», d’&amp;nbsp;«&amp;nbsp;émailler&amp;nbsp;» la description de sa mère (avec d’ailleurs autant de culot qu’il avait célébré allégrement la mort de l’écrivain Charles-Ferdinand Ramuz dans son livre &lt;i&gt;Incarnata&lt;/i&gt;), on est rassuré qu’il se considère comme étant un «&amp;nbsp;même menteur&amp;nbsp;», un «&amp;nbsp;même hâbleur&amp;nbsp;», surtout lorsqu’il dit avoir rêvé de tuer sa mère, ce qui, malgré la magistrale envolée lyrique que cette pseudo révélation introduit, est difficile à considérer autrement qu’un habile moyen d’embellir son ouvrage. Par contre, il n’utilisera pas sa mère pour «&amp;nbsp;peindre de lui une image trop flattée&amp;nbsp;» comme l’a fait – toujours selon Chessex – Albert Cohen, mais plutôt pour s’accabler lui-même et demander pardon.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Ces quelques vanités ne trahissent néanmoins&amp;nbsp;pas l’amour maternel dont ce remarquable et bouleversant &lt;i&gt;Pardon mère&lt;/i&gt; sera désormais l’écrin, en plus du cœur de Jacques Chessex, qui, malgré l’ardeur de cette adoration, ne parviendra jamais à s’en sentir digne...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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                <title>La Nuit du Destin - Asa Lanova</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (lu-k)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Sun, 23 Mar 2008 14:36:00 +0100</pubDate>
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                     &lt;p&gt;Asa Lanova, née en Suisse et résidant actuellement près de Lausanne, à Pully, s'est passionnée, très jeune, pour l'art de la danse, avant de &lt;img src=&quot;http://www.culturactif.ch/couverturesdelivres4/lanovadestin.jpg&quot; alt=&quot;lanovadestin.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;mettre brutalement fin à sa carrière et de commencer à écrire. Neuf romans à son actif, dont plusieurs édités chez l'excellent éditeur suisse romand Bernard Campiche. Voici une critique de son dernier roman, &lt;em&gt;La Nuit du Destin&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas autant senti happé par un roman. Me sentant au coeur de la ville d'Alexandrie dans laquelle les personnages de ce roman s'entremêlent, je me suis impregné de cette culture musulmane, suivant de près, dans leur ombre, les protagonistes mystérieux de cette histoire haletante, qui, traversant le Ramadan, nous mènent à cette &lt;em&gt;Nuit du Destin&lt;/em&gt;,&amp;nbsp;la vingt-septième de&amp;nbsp;la période sacrée.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A son retour dans la ville d'Alexandrie, Anne, genevoise mais égyptienne dans l'âme, se voit submergée par le flot de souvenirs que sa rencontre avec cet homme impressionnant nommé Ismaël lui avait laissé. S'étant confié à elle lors d'une promenade, l'homme lui avait raconté l'amour-passion duquel il émergeait avec peine, et qu'il avait partagé fougueusement avec une femme plus âgée que lui. Ayant brusquement décidé de rompre, elle avait éteint cette ardente flamme dont leur amour immodéré était le combustible. Ismaël s'était intensément lié à cette femme car elle était parvenue à faire fusionner les deux entités qui s'opposaient dans la dualité qui régissait son existence. Sa rupture avec Laylah l'avait éconduit jusqu'à prêter serment à une confrérie aux principes aussi lugubres que fous, Les &lt;em&gt;Aigles d'Osiris&lt;/em&gt;, secte masculine aux aspirations d'absolu et de mort, n'ayant&amp;nbsp;de cette dernière&amp;nbsp;aucune peur, et acceptant sa fatalité, son tranchant et sa sentence si tel était le désir du destin. Depuis quelques temps, donc, la maîtrise de soi et la destruction progressive de son égo étaient le crédo d'Ismaël. Mais sa rencontre avec la nébuleuse Violanta, artiste peintre mêlant l'érotisme à la spiritualité, d'une &quot;beauté scandaleuse&quot;, le fera trahir ses promesses et, éperdument amoureux de Violanta, Ismaël se résoudra à abandonner les doctrines prônées par les &lt;em&gt;Aigles d'Osiris&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enquêtant sur cet homme qui la fascine et qu'elle admire infiniment&amp;nbsp;-&amp;nbsp;Ismaël, l'indocile, en quête de &quot;l'Or du temps&quot; et en perpétuel conflit avec son père Soleïman qui le mariera de force avec sa cousine Negma, tombée amoureuse du mari qu'elle n'a pas choisi mais baffouée par ce dernier qui est encore fidèle à la confrérie -, Anne recueille le témoignages passionné de Rhoda, la servante qui s'occupa du jeune homme, lui inculqua ses connaissances mystiques et lui insuffla son amour pour l'apaisement que procure le désert. Anne interroge également le dédale des tombes alexandrines dans lequel elle déambule, cherchant, dans son errance, la vérité sur ce qui s'est réellement passé. Que sont devenus Ismaël et Violanta lorsqu'ils sont arrivés à Alexandrie ? Quelle force a été assez dévastatrice pour délier les liens si puissants de leur amour ? Et, surtout : Les &lt;em&gt;Aigles d'Osiris&lt;/em&gt; ont-ils pris la démission d'Ismaël comme une trahison ? Lui tiendront-ils rigueur de son incartade amoureuse ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Portée par une vague aussi lyrique que romantique, arabisée par les charmes d'Alexandrie, Asa Lanova livre une histoire époustouflante, lui conférant son parfum de secret et de sacré de sa plume si raffinée, de cette expression aux échos délicieusement désuets. Asa Lanova marque par son talent et ses connaissances de la culture arabe, de l'islam et de la cité d'Alexandrie. Mieux que des connaissances, c'est l'amour pour ce riche fragment d'Orient qui donne à l'auteur sa puissance d'évocation et son don d'écrire un livre comme un conte des Mille et une nuits, aux portes du désert.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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                <title>Monsieur - Jacques Chessex</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (lu-k)</author>
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                                                <pubDate>Tue, 18 Mar 2008 23:06:00 +0100</pubDate>
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                     &lt;p&gt;Jacques Chessex, écrvain suisse, est l'auteur de &lt;em&gt;L'Ogre&lt;/em&gt; (Prix Goncourt 1973), &lt;em&gt;Jonas&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Le Vampire de Ropraz&lt;/em&gt; ou encore &lt;em&gt;Pardon Mère&lt;/em&gt;. C'est un écrivain mystérieux. Derrière ce visage grave, ce regard torturé, cette expression sérieuse, littéraire, se cachent de profondes blessures &lt;img width=&quot;151&quot; src=&quot;http://ephemerveille.hautetfort.com/media/00/00/1066921565.jpg&quot; alt=&quot;1066921565.jpg&quot; height=&quot;251&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; width: 151px; height: 251px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-910494&quot; /&gt;qui remontent à l'enfance de Jacques Chessex. Celle-ci resurgit notamment dans la résonnance malsaine des&amp;nbsp;cris de cette fillette de l'on bat pour forcer son aveu de l'attouchement qu'elle a subi, de la part du père de Chessex, l'&lt;em&gt;Ogre&lt;/em&gt;... &lt;em&gt;&quot;Corps coupable. Le sexe sali d'être le sexe, et d'avoir fait le plaisir de l'autre.&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La douleur de Chessex prend aussi sa source dans le suicide paternel, en ces terribles circonstances, honteuses et accablantes. L'écrivain, malgré qu'il ne soit cette fois-ci pas romanesque, confirme, en même temps que son talent, sa prédilection pour des thèmes tels que Dieu, ou le sexe, mariant la passion à la douleur, l'austérité à l'amour. &lt;img src=&quot;http://ephemerveille.hautetfort.com/media/02/01/566616917.gif&quot; alt=&quot;2836582.gif&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0px 1.4em 0.7em; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-910497&quot; /&gt;Oubliant la pudeur propre aux protestants, Jacques Chessex, en quelque sorte, se met à nu. Dans une lettre à ses fils et une nouvelle consacrée à sa mère, il fait amende honorable de ses erreurs et ses absences.&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;Moi j'ai fait souffrir ma mère toute ma vie et toute la sienne, du moins c'est ce qu'elle m'a dit et répété, de ma&amp;nbsp;toute&amp;nbsp;petite enfance jusqu'à ses quatre-vingt-dix ans passés.&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans cette constante ambiance mortifère, l'auteur parle des femmes qui ont croisé son chemin, des jeunes filles ingénues aux dames mûres et stupreuses. Chessex, dans ce magnifique livre,&amp;nbsp;explique l'essence de son écriture, qu'ont façonné cette riche Suisse dans laquelle il a grandi, le secret, le désir et la foi.&lt;/p&gt; 
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                <title>Elle, pinces et dépendance - Eléonore Cannone</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (lu-k)</author>
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                                                <pubDate>Wed, 12 Mar 2008 13:23:00 +0100</pubDate>
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                     &lt;p&gt;&lt;img width=&quot;132&quot; src=&quot;http://ephemerveille.hautetfort.com/media/00/01/1428806726.gif&quot; alt=&quot;1428806726.gif&quot; height=&quot;211&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; width: 132px; height: 211px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-898913&quot; /&gt;Eléonore Cannone est née en 1971 et &lt;em&gt;Elle, pinces et dépendance&lt;/em&gt; est son premier roman, publié par L'Altiplano.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jérôme est un trentenaire célibataire qui, après chacune de ses harassantes journées de travail, s'affale dans son canapé, savourant sa solitude devant la télévision. Mais ses habitudes de vieux garçons vont être chamboulées par l'arrivée impromptue de Elle, une femme étonnante aux pouvoirs mystérieux, qui, curieusement,&amp;nbsp;connaît le nom et la plat préféré&amp;nbsp;de Jérôme. D'abord surpris par cette apparition inopinée, il s'y fait très vite et sa petite vie de célibataire endurci se transforme en une vie de couple aussi confortable et douillette que fougueuse. Seulement voilà : après quelques jours de bonheur entre amants, le patron de Jérôme le rappelle à lui et exerce encore plus violemment sur lui son influence de crabe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle hait les crabes par-dessus tout. Tentant d'écrire une thèse&amp;nbsp;à propos d'eux, expliquant leur mode de vie et leur emprise délétère sur autrui, elle ambitionne également de sortir son aimé de cette spirale dévastatrice du métro-boulot-dodo, que les crabes connaissent bien. Car les crabes sont dangereux, petits bourgeois insensibles et bourreaux de travail, il ont oublié de s'émerveiller et leur coeur, aussi dur et tranchant que leurs pattes, ne connaît pas la passion. Elle, cette chimère matérialisée en femme fatale parviendra-t-elle à sauver Jérôme de cette tyrannie destructrice ? &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sous ses airs de fable légère, &lt;em&gt;Elle pinces et dépendance&lt;/em&gt; se veut une dénonciation du travail maladif dont beaucoup de personnes subissent les tourments. Malheureusement, le roman subit les excès d'Eléonore Cannone, c'est-à-dire le rabâchage de ses positions et son désir d'écrire à tout prix un livre dérangeant et décapant. De sa prose littérairement saccadée et désastreuse ainsi que sa narration décousue et chaotique, l'auteur ne parvient pas à nous attacher à ses personnages. Aux limites de l'illisible, ce réquisitoire rate grossièrement sa cible allégorique et écoeure par ses relents du premier roman insipide&amp;nbsp;de Marc Lévy. Décevant.&lt;/p&gt; 
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                <title>En route vers le clochard - Riwoal</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (lu-k)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 08 Mar 2008 21:23:00 +0100</pubDate>
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                     &lt;p&gt;&lt;img width=&quot;154&quot; src=&quot;http://ephemerveille.hautetfort.com/media/02/00/584650439.gif&quot; alt=&quot;584650439.gif&quot; height=&quot;228&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; width: 154px; height: 228px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-891766&quot; /&gt;Riwoal, né en 1978 à Morlaix, a fait des études de lettres pour finalement se consacrer au jounalisme et à l'écriture. Il publie son premier roman, &lt;i&gt;En route vers le clochard&lt;/i&gt;, aux éditions L'Altiplano.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce roman a tout l'air d'être une auto-fiction. Riwoal est interné dans un hôpital psychiatrique. Depuis cet établissement plongé dans une ennuyeuse torpeur, il livre ses états d'âme, teintés d'humour, souvent, mais également de tristesse, parfois au bord du gouffre de la folie. Et ses nombreuss confrontations avec cette dernière ne sont-elles pas dues à ces nombreuses interrogations qui assaillent l'esprit du narrateur ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face à la vacuité de sa vie, Riwoal ne prête plus attention aux infirmières. Gisant dans son lit, sous l'effet des nombreux cachets qu'il doit avaler, il se lève parfois pour combler sa solitude avec les autres étranges patients de l'hopital. Mais ses turpitudes sont décuplées par le doute du potentiel médical de sa thérapie. Pourra-t-on soigner à sa maladie mentale ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans une sorte de nouvelle version plus intimiste de &lt;i&gt;Vol au-dessus d'un nid de coucou&lt;/i&gt;, Riwoal parle également de ces quelques femmes qui gravitent autour de lui, l'obsédant presque autant que son mal. Les élucubrations de Riwoal, en plus&amp;nbsp;de constituer le témoignage poignant d'un homme assiégé par l'incertitude et la douleur, révèlent la difficulté à assumer son être lorsque sa santé mentale est remise en question.&lt;/p&gt; 
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                <title>Un cadavre dans le cagibi - François Martini</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (lu-k)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 08 Mar 2008 12:36:00 +0100</pubDate>
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                     &lt;p&gt;J'ai découvert François Martini grâce à son site internet. Il est l'auteur de plusieurs romans, tous publiés de manière privée. Ses petits livres blancs m'ont intrigué. Et l'auteur a eu la générosité de me faire parvenir son dernier ouvrage : &lt;em&gt;Un cadavre dans le cagibi&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tara Tranxène vit avec Sarah, sa petite fille de quatre ans dont la répartie témoigne&amp;nbsp;d'une étonnante &lt;img width=&quot;192&quot; src=&quot;http://ephemerveille.hautetfort.com/media/00/02/526453754.jpg&quot; alt=&quot;526453754.jpg&quot; height=&quot;254&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; width: 192px; height: 254px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-890826&quot; /&gt;précocité. Un soir, leur petite vie modeste et paisible est troublée par un spectre que la petite Sarah découvre dans le cagibi. En réalité, il s'agit d'un cadavre. Du cadavre d'un fantôme. Et, ce dernier, souffrant d'être mort une seconde fois, émet quelques gémissements depuis sa petite cachette. L'arrivée de la police et de l'inspecteur Paul Flick, loin de remédier à cette effrayante situation, n'est que le départ d'une série d'événements désastreux, autour d'un cadavre de fantôme qui, étrangement, se révèle être l'homonyme du père Tranxène, disparu quelques temps plus tôt. Mais cela n'a pas l'air de préoccuper l'inspecteur Flick qui est bien trop occupé à admirer la beauté de Madame Tranxène. L'aide des époux Voisin, voisins des Tranxène, ne fera qu'ajouter de la confusion à cette affaire rocambolesque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, au lieu d'enquêter sur les lieux du crime, préfère aller interroger Tara dans un restaurant, prêtant plus attention au décollecté de cette dernière qu'à ses paroles. L'érotisme qui s'esquisse timidement se révèle être teinté d'une pervesité provocante, et, alors qu'on flirte avec l'au-delà, le fond du cagibi nous ouvre les portes de l'Enfer, qui se trouve en bas d'un immense escalier dont la descente fait se métamorphoser Sarah Tranxène en jeune femme stupreuse. Et Paul Flick, après avoir succombé au charme de la mère, cède à celui de la fille...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mystère du fantôme peine à être élucidé, négligé par les protagonistes quelque peu névrosés du roman, qui s'aperçoivent que leur fantôme n'est pas le seul du quartier, de loin pas. Tous écartés de leur chemin, les personnages, n'y prêtant pas attention, recherchent chacun de leur côté, un bonheur et un plaisir simples, difficiles à atteindre dans de telles circonstances, dans ce désordre malicieusement orchestré par l'auteur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le livre de François Martini est indéfinissable. Il se mesure à l'absurde en le provoquant avec tellement d'ardeur que son histoire en est éblouie. Ses personnages n'ont aucune morale, se laissant aller à un&amp;nbsp;total déni&amp;nbsp;de la gravité de la situation, certainement parce qu'elle les dépasse totalement, étant une folie dans une folie. &lt;em&gt;Un cadavre dans le cagibi&lt;/em&gt; est une mise en abîme étourdissante de l'aberration. Mais, bien qu'il s'agisse d'une démesure renversante, faisant un peu penser&amp;nbsp;à celle de &lt;em&gt;Plume&lt;/em&gt;,&amp;nbsp;d'Henri Michaux, elle est soigneusement maîtrisée par François Martini qui semble en posséder l'art. Et cet art a-t-il des limites ? En tout cas pas celles de la mort, car les acteurs de cette histoire, au fond de leur barathre, parviennent encore à se manifester. François Martini signe donc un roman dont l'immoralité et la fulgurance prêtent à rire. Aux éclats !&lt;/p&gt; 
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                <title>Le Strip-tease de la femme invisible - Murielle Renault</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (lu-k)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Sun, 02 Mar 2008 20:47:00 +0100</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;Murielle Renalut, après &lt;em&gt;Enfin la vérité sur les contes de fées&lt;/em&gt;, publie &lt;em&gt;Le&amp;nbsp;Stip-tease de la femme invisible&lt;/em&gt;, au Dilettante. &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mélanie, à 15 ans, entre au lycée. Sa rentrée scolaire ne l'enchante pas vraiment. Plutôt renfermée et complexée par ses kilos en trop, elle s'assied au fond de la classe et personne ne semble vouloir&amp;nbsp;être son voisin de table. Jusqu'à ce qu'une grande fille maigre criblée de piercings la rejoigne. Fanny, une éternelle retardataire qui redouble pour la troisième fois. Bien qu'elle fume et boive un peu trop, sa complicité inattendue &lt;img width=&quot;163&quot; src=&quot;http://ephemerveille.hautetfort.com/media/02/01/1184301741.jpg&quot; alt=&quot;1184301741.jpg&quot; height=&quot;249&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; width: 163px; height: 249px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-880167&quot; /&gt;avec Mélanie met en confiance cette dernière qui suit sa nouvelle amie dans ses soirées et ses désinvoltures.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsque Fanny, avant de partir à une fête, rend Mélanie totalement méconnaissable de quelques coups de ciseaux habiles et d'une touche de maquillage, la métamorphose, l'épanouissement et l'émancipation&amp;nbsp;de Mélanie commencent. Au fil du temps, soignant son visage et sa garde-robe, elle parvient à accepter ses rondeurs et, grâce à un site de rencontres pour femmes rondes, fait quelques rencontres, mais rien de très sérieux. Néanmoins, son malaise et le refus de son corps s'amenuisent peu à peu, et disparaissent presque entièrement lorsqu'elle rencontre Pascal, un homme qui,&amp;nbsp;contrairement à ceux qu'elle avait précédemment rencontrés, était quelque peu enrobé. C'est sa première grande histoire d'amour. Elle est comblée par cet homme doux et attentionné.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais l'harmonie retrouvée ne dure pas : dans un excès de bien-être, Mélanie se laisse aller et frôle l'obésité. Son complexe réapparaît en même temps qu'une nouvelle émission de télé-réalité : &lt;em&gt;Relooking Extrême&lt;/em&gt;, qui propose à ses candidats d'accéder à la perfection du corps, ayant recours à une chirurgie esthétique risquée. Mélanie n'y tient plus et remplit un formulaire de candidature sur le site internet de la chaîne. Et, miraculeusement, elle est retenue pour participer à l'émission. La responsable du casting prétexte que la production désirait une femme intelligente ayant fait des études. Elle est donc la candidate idéale. Mais c'est après avoir littéralement changé d'apparence que sa démesure l'entraîne dans une spirale infernale et inextricable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Murielle Renault, très adroitement, dénonce la bêtise de cette recherche entêtée de la minceur, mais également le psychologues qui se bornent à rechercher un imaginaire traumatisme refoulé ou encore les ineptes real tv shows qui&amp;nbsp;désirent absurdement proposer du rêve illusoire. Et, sous ses airs de petite fable légère, le livre de Murielle Renault et son allégorie se révèlent plutôt être&amp;nbsp;critiques et acerbes. Même si l'auteur garde tout au long du roman un ton enjoué et allègre, le destin de Mélanie n'est pas des plus joyeux. En jouant au yo-yo avec son poids, elle fait dangereusement pencher la balance, frôlant de plus en plus le gouffre de&amp;nbsp;la boulimie et&amp;nbsp;de l'anorexie auxquelles elle succombe finalement, glissant lentement vers son déclin. La nouvelle vie qui devait commencer vire au cauchemar. Ayant goûté à la drogue du régime, Mélanie est prise au piège de son leurre et devient dépendante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans cette harassante quête de la maigreur, plus que son poids, l'héroïne de Murielle Renault perd pied, au comble du dégoût de son corps, passant du rire aux larmes, de la candeur à la gravité de la maladie, de la frivolité à la dépendance, comme l'auteur qui alterne entre le tragique et le comique, avec l'art subtil&amp;nbsp;de les accomoder, comme une habile funanbule qui rend délicieusement chancelant l'équilibre de son personnage.&lt;/p&gt; 
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                <title>Beauty Foule - Martina Chyba</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (lu-k)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Fri, 29 Feb 2008 22:29:00 +0100</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;Martina Chyba est journaliste. Après un premier roman largement récompensé par le succès, elle a publié Beauty Foule, aux éditions Favre, renouant avec ses thèmes&amp;nbsp;favoris : les rapports homme/femme... et la sexualité.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans cette satire désopilante, Martina Chyba met en scène deux personnages plutôt burlesques : Max, dépuceleur professionnel (le concept &lt;img width=&quot;161&quot; src=&quot;http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/2/3/9/9782828909932.jpg&quot; alt=&quot;9782828909932.jpg&quot; height=&quot;261&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; width: 161px; height: 261px; border-width: 0px&quot; /&gt;existe au Japon) et Agnès, une femme d'affaires à la libido inexistante. Le surpoids de l'un et le physique ingrat de l'autre se révèlent être de sérieux handicaps dans une société de l'apparence dans laquelle l'absurde recherche de la perfection et de la beauté représente un combat quotidien. L'auteur, quelque peu cynique, coupe court à cette mièvre beauté intérieure et annonce la couleur : chez les femmes, il y a les pommes, dont le corps est attrayant, et les poires, les laiderons solitaires. La société est rapidement divisée : il y a les bim-beaux et les bim-moches. Et justement, comment survivre dans ce monde terrifiant dont l'horreur est doublée d'une insatiable mondialisation qui consiste à faire de Wikipédia l'encyclopédie de référence et, pour les hommes laids, à s'inscrire dans des associations de dépucelage de vieilles filles aux corps tout aussi repoussants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'évidence, Beauty Foule est un livre atypique. Martina Chyba propose un forme très modernisée du roman. Son ouvrage ressemble plus à un traitement de texte aux concises et pragmatiques listes &lt;em&gt;a,b,c&lt;/em&gt;. D'une page à l'autre, elle numérote les caractéristiques déplaisantes que présentent les célibataires, du domaine de la séduction à celui du code vestimentaire. On parle ici librement de sexe. Et si Martina Chyba franchit parfois largement les limites de la grivoiserie, elle s'abstient fort heureusement de dépasser celles de l'indécence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On pourrait croire, à la lecture de &lt;em&gt;Beauty Foule&lt;/em&gt;,&amp;nbsp;que Chyba a les préoccupations d'une héroïne de &lt;em&gt;Sex and the City&lt;/em&gt;. Saupoudrant son texte d'une légère superficialité, irrémédiablement, elle nous fait nous poser la question de savoir si ce petit réquisitoire&amp;nbsp;amène véritablement quelque chose au débat...&amp;nbsp;En tout cas, s'il s'agit de s'amuser, le pari est pleinement réussi, et le côté quelque peu superficiel du livre est dû au fait que Martina Chyba dénonce et distille la futilité de ses personnages qui, malgré le trait forcé et les caricatures, ressemblent beaucoup aux &quot;modèles sociaux actuels&amp;nbsp;de l'insuccès sentimental&quot;. L'auteur n'y va pas avec le dos de la cuillère, et, si parfois, son roman, écrit au vitriol, fait preuve d'un certain talent humoristique, quelques excès nous font friser la saturation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Néanmoins, c'est avec un bagout plutôt effronté que l'éhontée Martina Chyba signe &lt;em&gt;Beauty Foule&lt;/em&gt;, un roman décapant, à mi-chemin entre Bridget Jones, Carrie Bradshaw et (l'horripilante) Ugly Betty.&lt;/p&gt; 
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                <title>Jusqu'à pareil éclat - Anne-Lise Grobéty</title>
                <link>http://ephemerveille.hautetfort.com/archive/2008/02/24/jusqu-a-pareil-eclat-anne-lise-grobety.html</link>
                <author>noreply@hautetfort.com (lu-k)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Sun, 24 Feb 2008 21:40:00 +0100</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;Anne-Lise Grobéty est née en 1949 à&amp;nbsp;La Chaux-de-Fonds, en Suisse. Elle a publié de nombreux romans à succès chez Bernard Campiche, dont, en 2006, &lt;i&gt;La Corde de mi&lt;/i&gt;. Son dernier roman, sorti l'année passée, s'intitule &lt;i&gt;Jusqu'à pareil éclat&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jade Chichester, éminente photographe britannique, se fait interviewer. Une jeune journaliste, timidement, l'interroge &lt;img src=&quot;http://ephemerveille.hautetfort.com/media/01/02/8f6ac4d64bd912d081d228744a35c283.jpg&quot; alt=&quot;8f6ac4d64bd912d081d228744a35c283.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0px; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; float: left; width: 191px; height: 327px&quot; id=&quot;media-866202&quot; height=&quot;327&quot; width=&quot;191&quot; /&gt;sur sa vie, son enfance. La prolixe Jade Chichester nous fait alors revivre sa jeunesse dans le parc de la propriété familiale. Ses mots nous ouvrent les grilles de ce jardin magique, où le soleil et les fleurs l'étourdissaient de bonheur. Elle raconte qu'en plus d'arpenter ce gigantesque domaine, la photographe, de son vrai nom Elizabeth Mary, explorait le manoir poussiéreux de ses parents qui, dans ses multiples pièces, contenait un myriade de trésors.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais cet univers bourgeois ne suffisait pas à l'épanouissement de la jeune fille. Ses rapports conflictuels avec sa mère et les longues absences de son père l'empêchaient d'être pleinement&amp;nbsp;heureuse. A la venue de la tante Lady Arlington, une femme homosexuelle qui, austère au premier abord, se révèle être généreuse et très intéressante, Elizabeth Mary entrevoit une lueur d'espoir, une possible fin à son désarroi. En effet, Lady Arlington, lors de ses longues promenades avec elle dans le parc, se met à lui enseigner le monde, et en loue les richesses. Grande voyageuse, elle montre à la fillette silencieuse et renfermée les clichés pris au cours de sa vie de globe-trotter. Mais Grace,&amp;nbsp;madame Chichester, ne voit pas d'un bon oeil l'influence pourtant si&amp;nbsp;bénéfique que Lady Arlington a sur sa fille.&amp;nbsp;Quand elle propose d'emmener sa nièce hors de l'enceinte infranchie, dans&amp;nbsp;cet ailleurs&amp;nbsp;si intriguant, Grace refuse catégoriquement. Celle qui deviendra la très célèbre Jade Chichester&amp;nbsp;se saisit alors de l'appareil photo que sa tante lui a offert. De son premier cliché&amp;nbsp;raté&amp;nbsp;(une&amp;nbsp;photo de sa&amp;nbsp;mère), elle gardera un souvenir impérissable, se rappelant sa candeur d'alors. &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Signant avec &lt;i&gt;Jusqu'à pareil éclat&lt;/i&gt; un sorte de roman d'initiation à la forme originale, Anne-Lise Grobéty parvient à livrer un texte que les puristes amateurs de très beaux textes encenseront infiniment. De métaphores lumineuses en citations de John Keats, l'auteur excelle avec cette biographie fictive au parfum étonnament authentique. On déplorera seulement quelques excès, de la &quot;surécriture&quot; pouvant parfois paraître quelque peu pompeuse. Mais, dans l'ensemble, il se dégage de ce texte un raffinement (british ?) littéraire de qualité, qui confirme l'éclat d'une plume aux honneurs mérités.&lt;/p&gt; 
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                <title>Ma mère, à l'origine - Emmanuel Pons</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (lu-k)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Sat, 16 Feb 2008 15:10:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;p&gt;Emmanuel Pons est peintre. Il a publié un premier roman, &lt;em&gt;Je viens de tuer ma femme&lt;/em&gt;, en 2006, chez Arléa. Il publie en ce début d'année &lt;em&gt;Ma mère, à l'origine&lt;/em&gt;, dont la quatrième de couverture promet la même causticité.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&quot;Ma mère est morte. L'autre bonne nouvelle c'est qu'elle est morte riche.&quot;&lt;/em&gt; Ce décès, loin de provoquer une quelconque &lt;img width=&quot;195&quot; src=&quot;http://ephemerveille.hautetfort.com/media/02/01/a322445b75dfb5d86965e90ee8a27d83.jpg&quot; alt=&quot;a322445b75dfb5d86965e90ee8a27d83.jpg&quot; height=&quot;272&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; width: 195px; height: 272px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-849411&quot; /&gt;tristesse chez Patrick Barrault, le fait au contraire exulter de plus belle. Un héritage pharamineux lui tend les bras.&amp;nbsp;Et il n'y a pas lieu de le consoler. Patrick éprouve un soulagement, une totale délivrance. Libéré des griffes maternelles, il peut mener la grande vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Evidemment, puisque c'est le&amp;nbsp;cynique et acerbe Emmanuel Pons qui&amp;nbsp;tire les ficelles, Patrick se marie avec la maquilleuse qui redonne un semblant de vie au visage blafard et éteint de sa mère, avant son enterrement. Un enfant, Germain, naîtra de cette union pour le moins cocasse. Tout semble être parfait dans le foyer de cette petite famille pour qui des temps bien confortables se profilent, assurés par les abondants legs de Madame Barrault.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, une sorte d'atavisme malsain semble rapprocher Patrick de sa mère, malgré qu'il se jure n'avoir rien hérité d'elle sinon sa fortune. Aussi intensément qu'elle, il néglige sa famille, éconduit par ses deux obsessions : la bourse et... sa mère justement. Car, lors de ses transactions, lorsqu'il &quot;boursicote&quot; avidement, planté devant son écran d'ordinateur, Patrick Barrault songe à sa mère, qu'il abhorre de tout son être, frustré de ne pas avoir jeté l'opprobre solennellement sur celle qui le fit tant souffrir, humiliante et méprisante. Lui reprochant également le suicide de son père, Patrick est rongé par le souvenir délétère de cette harpie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Roman à deux voix, alternant celle de Patrick et de sa femme Madeleine, désespérée par l'attitude nonchalante de son fils et des absences de son mari, &lt;em&gt;Ma mère, à l'origine&lt;/em&gt;, ne déploie pas autant d'humour que le premier roman d'Emmanuel Pons. Exposant habilement le concept graphique de son personnage qui consiste à évaluer le potentiel de sa femme et de son enfant, Pons omet parfois de faire sourire&amp;nbsp;son lecteur. Quelques trouvailles humoristiques&amp;nbsp;se distinguent, mais elles sont trop peu nombreuses pour ce long discours plaintif d'un homme en mal d'amour. Pouvant paraître répétitif et pleurnichard, Patrick Barrault, guidé par son créateur tout de même très adroit, se confesse et exprime son trouble indomptable&amp;nbsp;qui, causé par cette carence d'amour maternel, le mène doucement vers la folie...&lt;/p&gt;
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                <title>La Piqûre - Marie-Christine Buffat</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (lu-k)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Thu, 14 Feb 2008 23:30:00 +0100</pubDate>
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                    &lt;span style=&quot;font-size: 7.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lapiqure.blogspirit.com/&quot;&gt;Marie-Christine Buffat&lt;/a&gt; est suisse. Elle&amp;nbsp;a publié son premier roman, la Piqûre, en 2006, aux éditions [MiC_MaC].&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 7.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Lou est une jeune femme lausannoise, épanouie, heureuse, malgré que ses disputes avec son amant brésilien se multiplient. Le jour où elle le retrouve les poignets ouverts dans sa baignoire, sa vie bascule définitivement. Propulsée dans une enquête qu'elle mène en parallèle avec la police, ne pouvant se résoudre à l'hypothèse du suicide, Lou &lt;img name=&quot;media-845756&quot; src=&quot;http://ephemerveille.hautetfort.com/media/00/00/1b50646e008ef8f9a37d466c9547987f.gif&quot; alt=&quot;6138883dd5effbb493c4865a585bd580.gif&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-845756&quot; /&gt;découvre la face cachée de Carlos, ce bellâtre, artiste peintre, qu'elle admirait amoureusement. Plus que Lou, Carlos intrigue le lecteur, pour sa part secrète qu'il tentait d'occulter et que Lou décèle, ahurie. Tout au long du roman, l'héroïne désespérée de Marie-Christine Buffat poursuit l'assassin de son aimé, également en quête d'un trouble commun. Et cette piqûre qui, lancinante, la fait souffrir...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 7.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Loin de la Suisse et des mensonges de Carlos, l'intrigue prend sa source dans les favelas de Rio. Portée par son ardent désir de vérité, impatiente de faire la lumière sur ce crime, ainsi que cette vie qui, comme un affront face à cette aura mortelle qui l'étreint, naît en elle. Le roman est une longue séquence de stupéfactions. Mais sont-elles toutes très crédibles ? Enrobées par des dialogues manquant de spontanéité et, surtout, de simplicité (en particulier de la part de Lou qui vient de perdre son compagnon), elles ont le mérite de surprendre et d'être insoupçonnées, pour la plupart en tout cas. On déplorera également quelques longueurs, heureusement rattrapées par ce savoir-faire étonnant, pour un premier roman, dans le registre policier. En effet, Marie-Christine Buffat, qui d'ailleurs semble avoir effectué des recherches approfondies, maîtrise parfaitement le vocabulaire scientifique, médical, ainsi que le jargon judiciaire et policier. L'auteur semble être imprégnée de littérature policière, agrémentant habilement son texte d'un suspense final haletant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 7.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Marie-Christine Buffat signe un roman tendu, qui, malgré quelques erreurs de néophyte, a le mérite de tenir en haleine son lecteur, du début&amp;nbsp;jusqu'à la fin. &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Inconnu à cette adresse - Kressmann Taylor</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (lu-k)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 08 Feb 2008 00:40:49 +0100</pubDate>
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                    &lt;p&gt;Kressmann Taylor, d'origine allemande, est née en 1903. Elle a écrit plusieurs livres comme &lt;em&gt;Jour sans retour&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Ainsi mentent les hommes&lt;/em&gt;. Mais elle est principalement connue pour Inconnu à cette adresse, une correspondance fictive à couper le souffle...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Autrefois, Max Eisenstein et Martin Schulse dirigeaient une galerie d'art prospère à San Francisco. Mais Martin, pour des &lt;img width=&quot;145&quot; src=&quot;http://ephemerveille.hautetfort.com/media/01/00/8aad0128e858d9539d7f5a25e8e06cc8.jpg&quot; alt=&quot;8aad0128e858d9539d7f5a25e8e06cc8.jpg&quot; height=&quot;244&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; width: 145px; height: 244px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-830543&quot; /&gt;raisons familiales, décide de rentrer en Allemagne, son pays natal, pour s'y établir avec sa femme et ses garçons. Dès lors commence une longue correspondance entre les deux hommes qu'une grande amitié liait. Leurs lettres débordent d'affection. L'un autant que l'autre tente, à travers l'Atlantique,&amp;nbsp;d'exprimer par les mots sa profonde nostalgie. Comme deux frères, Max et Martin se souhaitent réciproquement tout le meilleur, et prient pour la santé et le succès de l'autre. Mais un climat délétère de guerre, un parfum militaire imminent pointe son aigreur dans les lettres des deux hommes. Les affres d'Adolf Hitler inquiètent sérieusement Max qui demande frénétiquement des nouvelles à son ami allemand. Ce dernier lui répond qu'il&amp;nbsp;est confiant et qu'il croit en ce nouveau parti politique qu'est le national-socialisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&quot;Ici, en Allemagne, un de ces hommes énergiques, essentiels, est sorti du rang. Et je me rallie à lui.&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Martin qui n'avait jamais ressenti la moindre gêne à être le meilleur ami d'un juif, commence à manifester quelque retenue dans son courrier. Et, petit à petit, soucieux de perdre ses fonctions et son image très respectable, il fait voler en éclats cette amitié de longue date :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&quot;Je t'ai toujours considéré comme mon ami, mais sache que je parle en toute honnêteté quand &lt;img src=&quot;http://ephemerveille.hautetfort.com/media/02/00/37c348cc91be4cf2eec28a7d915d773a.jpg&quot; alt=&quot;c40bd315fea03243b6430244a228edb6.jpg&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0px 1.4em 0.7em; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-830544&quot; /&gt;j'ajoute que je t'ai sincèrement aimé non&lt;/em&gt; à cause &lt;em&gt;de ta race, mais&lt;/em&gt; malgré &lt;em&gt;elle.&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Très vite, Martin exige de Max qu'il ne lui fasse plus parvenir aucune lettre, le courrier étant suspicieusement contrôlé. Et, d'une lâcheté sans borne, Martin opère sa totale abdication, ignorant au passage l'appel au secours de Max pour sa jeune soeur Griselle, actrice trop ambitieuse dont la religion nuira à son succès berlinois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans cette longue nouvelle, Kressmann Taylor déploie, d'une langue simple et épurée, un réalisme et un talent époustouflant, imaginant cet échange épistolaire plutôt atypique, pointant du doigt - ce texte a été publié un an avant le début de la Seconde Guerre mondiale - l'endoctrinement massif à l'idéologie nazie, les ravages de l'antisémitisme et, à la base de toute cette horreur, la pleutrerie et la crédulité humaines.&lt;/p&gt;
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                <title>Sale fille - Anne-Sylvie Sprenger</title>
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                <author>noreply@hautetfort.com (lu-k)</author>
                                                <category>Littérature</category>
                                                <pubDate>Tue, 29 Jan 2008 18:55:00 +0100</pubDate>
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                     &lt;p&gt;Après un premier roman prometteur, &lt;em&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ephemerveille.hautetfort.com/archive/2007/01/30/vorace-anne-sylvie-sprenger.html&quot;&gt;Vorace&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, paru&amp;nbsp;chez Fayard, en 2006, &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ephemerveille.hautetfort.com/archive/2007/07/11/anne-sylvie-sprenger-podcast-n-1.html&quot;&gt;Anne-Sylvie Sprenger&lt;/a&gt; publie un deuxième roman démesuré, sulfureux, &lt;em&gt;Sale fille&lt;/em&gt;, qui&amp;nbsp;marquera les esprits par sa force, son ardeur et sa violence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img name=&quot;media-849439&quot; width=&quot;184&quot; src=&quot;http://ephemerveille.hautetfort.com/media/01/00/0d6e8c909539bbac0dd1f01b289d167f.jpg&quot; alt=&quot;0d6e8c909539bbac0dd1f01b289d167f.jpg&quot; height=&quot;288&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; width: 184px; height: 288px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-849439&quot; /&gt;Oui, violence, car ce deuxième roman confirme&amp;nbsp;cet art intéressant d'ébranler le lecteur pour le faire passer d'une douce berceuse rassurante au stupre malsain d'une relation&amp;nbsp;incestueuse. L'héroïne d'Anne-Sylvie Sprenger, Julie, subit constamment ce bouleversement, confrontée à cette réalité délétère qui&amp;nbsp;assaille impétueusement sa candeur de jeune femme. Pour trouver la paix, Julie se&amp;nbsp;réfugie donc dans&amp;nbsp;un excès&amp;nbsp;des plus &quot;voraces&quot;, ce qui la mènera à un don d'elle-même beaucoup trop fort et absolu pour ne pas être bafouée, un jour ou l'autre. Car&amp;nbsp;Julie n'est qu'une remplaçante ; celle des hommes absents des nuits de sa mère et du mari quitté de son amie Violette. Sans cesse donc, sa conception passionnelle de l'amour est souillée.&amp;nbsp;La soumission infinie à l'être aimé comme elle l'entend&amp;nbsp;existe-t-elle réellement ? L'héroïne d'Anne-Sylvie Sprenger, elle, y croit dur comme fer et,&amp;nbsp;jusqu'aux limites de la mort, pourrait se damner. &lt;em&gt;&quot;Je veux mourir étranglée sous tes baisers.&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Incomprise, elle&amp;nbsp;ne voit que l'abîme comme issue à ce désamour ambiant. Evoluant dans cette atmosphère lourde et inquiétante que l'auteur&amp;nbsp;décrit brillamment,&amp;nbsp;elle s'absout de son&amp;nbsp;malaise, suppliciant ses traîtresses&amp;nbsp;d'une souffrance ultime, mortelle, qu'elle s'infligerait docilement si une de ces femmes le lui ordonnait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec talent,&amp;nbsp;Anne-Sylvie Sprenger nous fait suivre les méandres de sa nymphe, dans la course éperdue, quête avide et dévorante de Julie, qui, maladroite, se révolte et cherche, comme tant d'autres, une once d'amour à partager.&lt;/p&gt; 
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